samedi 20 octobre 2007

Naufragées





« Des torches balayent la surface mouvante de la mer.
C’est le milieu de la nuit.
La barque retournée,
large coque fendue sur toute sa longueur,
flotte encore,
balancée au gré des flots,
à une trentaine de mètres du rivage. »














« On a rassemblé leurs affaires personnelles dans des sacs en toile,
tout ce qui pourra aider plus tard à les identifier,
une montre,
une sandale,
un bracelet.
Chaque corps a été numéroté. »









« L’eau est glaciale et le vent n’a presque pas faibli.


Les gyrophares bleus des véhicules de la guardia civil
circulent sur la route dans une atmosphère lourde,
derrière les hautes grilles de protection
surmontées de barbelés et de caméras thermiques
qui bordent toute la longueur de l’enclave.


C’est un soir de triste fièvre,
comme il s’en produit plusieurs fois dans l’année, un rituel parfaitement rodé dans ce lieu surprotégé
où vient régulièrement échouer la misère d’Afrique. »









"Lire en fête" 2007, la ferme Godier.
Lecture : Pascale Poirel et Nathalie Bastat.


Textes extraits de « Naufragée ».
Ecriture : Sylvain Estibal.
Editeur : Thierry Magnier (collection Photoroman)

0 commentaires: